SORDERA
Oigo el viento que inclina la hierba, que
sacude las chapas de las cabañas, saludo
al hombre en su viñedo. Él levanta la mano,
es todo un discurso. Al volver, el cartero
me hace un gesto, señala el cielo, veo
que va a llover. Entro en la panadería.
¡Buenos días! Dos barras, una sonrisa, gracias,
adiós. En el coche, mi perro siempre
contento mueve la cola. No sabe
que soy sordo. Y, pensándolo bien,
yo tampoco.
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en "Après tout", Le Dé Bleu, Chaillé-sous-les-Ormeaux, 1990. Versión de Eduardo Conde. La imagen, Georges Louis Godeau (Villiers-en-Plaine, Francia, 1921-Niort, Francia, 1999 / Gabrielle Burel) y una "boulangerie" de Boulogne-sur-Mer, c. 1910 (La Voix du Nord).
SURDITÉ
J’entends le vent qui couche l’herbe, qui
secoue les tôles des cabanes, je salue
l’homme dans sa vigne. Il lève la main,
c’est tout un discours. Au retour, le fac-
teur me fait signe, il montre le ciel, je vois
qu’il va pleuvoir. J’entre à la boulangerie.
Bonjour! Deux flûtes, un sourire, merci,
au revoir. Dans la voiture, mon chien tou-
jours content remue la queue. Il ne sait
pas que je suis sourd. Et le compte fait,
moi non plus.
(Fuente: Jonio González)
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