martes, 10 de octubre de 2023

Manolo Valiente (España, 1908 - Francia, 1991)

 

COMO EN EL AÑO 1000 O UN CUADRADO DENTRO DE UN CÍRCULO

 


COMME DANS L’AN MILLE OU UNCARRÉ DANS LE CERCLE 

(Imprime en 1980 à Perpignan)

Manolo VALIENTE

 

I

 

La joie passe, blessé

à mort ;

par la richesse provocante,

par le fanatisme.

Par l’incommensurable

bêtise des hommes .

Et elle chante

malgré tout

l’espoir de vivre

dans un monde d’amour.

 

 

II

 

Oh ! joie qui meurt.

Je t’aime, car tu es encore

capable d’espérance.

 

III

 

Même si personne

ne me l’a dit,

je crains qu’un jour

les montagnes

ne seront plus,

et les plaines se lèveront

dans la mer.

Les poissons

fous d’épouvantes,

se mettront à voler,

comme nous poursuivons

l’Au-Delà.

 

IV

 

même si personne

ne me l’a dit,

je suis sur

que j’ai en moi :

ce qui est passé,

ce qui passe,

et ce qui passera.

 

V

 

Écoute, mon frère

L’antenne crache

de la salive électrique

sur les masses

qui accouchent

de l’avenir,

ou du passé.
Sur les grimaces

des Messieurs,

sur le tombes,

sur les chars

de combat,

sur le dos

des sous-marins.

 

VI

 

Le sol est chaud

comme le pain,

bien chaud ;

et la gravitation

part avec le chasseur

des sommets.

Le monde

s’apprête à éclater

et l’Antenne

continue à cracher.

 

VII

 

Le vieux fleuve

traine des anguilles

en deuil.

Les Atomes

ont l’angoisse

de la liberté.

Des armés

d’électrons

sont prêtes à la lutte :

contre le Proton,

contre l’Ether,

contre la Physique,

contre la foi.

 

 

 

VIII

 

La subdivision

chemine

par les sentiers

du Tréfond.

Le monde

nous quitte

par les Antennes :

en ondes,

en perturbations,

en circonférences.

Et personne

ne s’aperçoit.

Et plus tard…

il n’y aura plus

de solution.

 

IX

 

Suivons

suivons quand même

jusqu’à la Fin…
si Elle nous attend.

 

X

 

Frère …

Pleuvent

des sommets,

sur les yeux

ouverts,

de cœurs

sans chair

qui sont devenus

ciment.

 

XI

 

Des cœurs

qui sont

dans le dos.

Que l’hiver a rempli.

Des cœurs

qui se sont

mis de face

pour souffrir

ou déjà

souffert.

 

XII

 

Ils pleuvent toujours

des sommets ?

et la peur

saute d’épouvante.

 

XIII

 

Sillonnent

des mers sans contours

des bateaux longs

comme le temps.

Le matin

malgré tout,

nous offre

la sève de la nuit,

avec somnolence

d’étoiles.

Et dans la plage,

les plus beaux

chants de la mer

meurent

sous le sable.

 

XIV

 

Des patries

sans voix

renaissent

en se tenant

au cou

des têtes

qui n’existent pas.

Des visions

qui n’ont jamais vécu.

 

 

XV

 

Nous passons

rapides

sur les béliers géants

de nos instincts ;

au milieu

d’un énorme

camp de concentration ?

où un chasseur

Universel

a planté

un mirador.

 

XVI

 

Frère…

 

Je sens

qu’un millénaire

se meurt,

sous les pampres

immenses

d’un cep

d’équations

et de préceptes

cosmiques ;

Dans des formules

belles

et incompréhensibles

 

XVII

 

Il paraît

que du passé

nait l’instant,

et que du Néant

surgit le temps.

Le voilà tout,

et le voilà rien,

pour expliquer

notre soif ;

pour expliquer

notre faim.

 

XVIII

 

Revenons

à sentir.

Revenons

à nous laisser

avaler

par la force

du Tout.

Les angoisses

atomiques

de l’Univers

nous prendrons

le dernier

Dimanche.

 

XIX

 

Nous avons beau

ouvrir la bouche, désespérés

ce sont les Mondes

qui nous

avaleront.

 

 

 

 

XX

 

Si tout cela

te parait

insensé,

ne me dis rien

quand même.

Laisse-moi être

dévoré

par ma propre

faim

de vouloir

m’aimer

dans les autres.



***


COMO EN EL AÑO 1000 O UN CUADRADO DENTRO DE UN CÍRCULO

(Impreso en Perpignan en 1980)

 

(Fuente: Voces del extremo)



 

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